Franck Cammas : « C »est bien de pouvoir concrétiser »

Au terme d’une course qu’il aura menée de bout en bout sur le parcours de la DRHEAM-CUP 1100 (réduit à 750 milles), le Maxi Edmond de Rothschild a coupé le premier ce mardi 20 juillet à 10h30’33’’ la ligne d’arrivée de la DRHEAM-CUP/GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE à La Trinité-sur-Mer. Les skippers Franck Cammas et Charles Caudrelier et leur équipage (Yann Eliès, Morgan Lagravière, David Boileau, Yann Riou) auront mis 1 jour 21 heures 30 minutes et 33 secondes pour rallier La Trinité-sur-Mer en provenance de Cherbourg-en-Cotentin, à 18,64 nœuds de vitesse moyenne réelle (848 milles parcourus), 16,48 de moyenne théorique sur les 750 milles de l’orthodromie. Franck Cammas s’est confié juste après avoir franchi la ligne.

Comment s’est passée cette DRHEAM-CUP/GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE ?
Très bien. C’était un super parcours, parce que très complet, nous avons eu toutes les conditions et une belle bagarre. Même s’il y a eu de l’écart au début, nous avons été le plus souvent avec nos deux adversaires ; hier soir encore, nous n’étions pas loin les uns des autres. Il y a eu des phases tactiques, d’autres de vitesse pure, beaucoup de reaching au final, comme la deuxième nuit pour aller à Rochebonne, ce qui était bien parce que nous n’avions pas eu des conditions aussi rapides l’année dernière sur le Fastnet. C’était pas mal de pouvoir pousser le bateau dans ces conditions, ce n’est jamais facile de rester proche de 40 nœuds en permanence, comme cela a été le cas cette nuit, nous avons même fait une heure au-dessus de 40 nœuds, ce qui est vraiment beaucoup, il fallait garder l’équilibre, c’était un beau finish.

Où avez-vous fait la différence sur vos adversaires, et notamment sur Sodebo Ultim 3, votre dauphin ?
Dès le premier bord à Omonville, nous avons fait un petit coup tactique à terre qui a très bien fonctionné, ce qui nous a permis de créer un petit écart et de passer Shambles avec le courant, ce qui n’a pas été le cas de nos poursuivants. Du coup, ils ont toujours été à notre poursuite, tandis que de notre côté, ce petit décalage nous a permis à chaque fois de bien se positionner par rapport aux phénomènes météo. Eux ont été obligés de prendre un peu plus de risques, notamment le dernier coup hier après-midi, avec la dernière dorsale à passer : on a pris un peu plus extérieur, moins risqué, Sodebo a essayé de couper le fromage, mais ils ont perdu plus de 20 milles par rapport à nous.

Avez-vous pris beaucoup de plaisir ?
Oui, carrément, nous nous sommes aussi un peu plus découverts en vue du Trophée Jules Verne, c’était important, cette DRHEAM-CUP/GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE aura été riche d’enseignements. C’était un parcours technique dans peu d’espace, parce que la Manche et la Mer d’Irlande ne sont finalement pas très grandes à l’échelle de nos bateaux, ça permet donc de passer en revue toutes les manœuvres qu’on peut faire en Ultime.

Après le Fastnet et la Brest Atlantiques l’année dernière, vous remportez la DRHEAM-CUP/GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE, est-ce important d’entretenir cette dynamique ?
Oui, nous étions favoris sur la ligne de départ, c’est toujours bien de pouvoir concrétiser. Je trouve que Sodebo a fait pas mal de progrès cet hiver, on s’y attendait, c’est sympa de voir la flotte s’homogénéiser un peu. Nous, on a bien progressé depuis l’an dernier dans le petit temps, Sodebo était beaucoup plus rapide que nous dans ces conditions, là nous nous sommes clairement améliorés, donc nous sommes contents de ça.